La température est régulée en permanence, le centre régulateur se situe dans la région hypothalamique. Physiologiquement, la température résulte d'un équilibre entre production et déperdition de chaleur : - Production de chaleur. métabolisme protidique, lipidique, glucidique. travail musculaire - Déperdition. principalement par la peau (vasomotricité) . et +/- respiration Au cours de la fièvre , le centre hypothalamique est stimulé par des substances 'pyrogènes'. Cela entraîne une élévation du thermostat, avec mise en oeuvre des mécanismes effecteurs qui produisent la chaleur (vasomotricité, frissons) . Ces substances pyrogènes sont des cytokines produites par les cellules du système immunitaire, stimulées par des agents infectieux, ou lors de réactions inflammatoires non spécifiques. Plus rarement, une hyperthermie peut êre dûe à un dérèglement du centre régulateur (origine centrale) , ou à un déséquilibre entre production et déperdition (ex : hypermétabolisme de l'hyperthyroïdie) . Les mécanismes mis en jeu pour augmenter la température sont les tremblements et frissons ou seulement l'augmentation du tonus musculaire, la vasoconstriction périphérique. Pour la diminuer, sueurs et vasodilatation.
1 - Thermomètre à mercure (ou électronique) - voie rectale (1 mn) , de référence, fiable mais possibilité de complications hémorragiques (ulcérations thermométriques) - voie orale (2 mn) , mais variations après avoir mâcher, fumer ; ou voie axillaire, inguinale (5 mn) , mais parfois difficulté liée à la maigreur. On doit ajouter 0,5C°
2 - Horaires - le matin avant le lever- l'après midi ou le soir, après 15 mn de repos - en situation pathologique, particulièrement lors de frissons, de sueurs, de signes de choc
1 - Mode de début - brutal : ascension thermique en quelques minutes ou heures . Le moment d'apparition est facile à préciser (états septiques) - progressif : ascension thermique en quelques jours (foyers profonds, maladies inflammatoires) - insidieux : le début de la fièvre est imprécis, quelques jours, quelques semaines (tuberculose, endocardite, néoplasie)
2 - Intensité - peu élevée 37,5 à 38C° (fébricule) - modérée 38 à 39C°- élevée > 39C°
3 - Evolution
On surveille l'évolution de la fièvre. Cela permet
de tracer une courbe de température sur plusieurs jours ou
semaines. On décrit classiquement plusieurs aspects de
courbes thermiques (continue, rémittente...) , mais de
nombreuses affections peuvent évoluer selon un même
profil. Il faut surtout préciser si l'évolution est
spontanée ou influencée par des traitements
(antipyrétiques, antibiotiques, AINS, corticoïdes) .
Ce mode évolutif associé aux autres données
de l'examen clinique permettra d'orienter vers un diagnostic. .
continue ou en plateau : variation peu importante au cours de la
journée (<1C°) (salmonellose, tuberculose, virose,
endocardite) . rémittente quotidienne : variation
nycthémérale importante (suppuration profonde,
bactériémies) . intermittente : pics variables, avec
température normale entre les accès (foyer biliaire,
urinaire, 'canalaire') . récurrente : accès
fébriles répétés séparés
par des périodes d'apyrexie de plusieurs jours
(leptospirose, lymphome) . cyclique : accès fébriles
se répétant à des intervalles
réguliers (paludisme) . ondulante : périodes
d'ascension et de défervescence thermiques progressives sur
plusieurs jours séparées par des périodes
d'apyrexie (brucellose) . désarticulée ou hectique :
fièvre irrégulière, sans aucun rythme
(états septiques) . Selon l'évolution, on distingue
les fièvres aiguës de début habituellement
brutal ou progressif, dont l'évolution est rapidement
favorable vers l'apyrexie ; et les fièvres
prolongées. Une fièvre prolongée
inexpliquée est définie comme un état
fébrile persistant au dessus de 38,2C°, plus de 3
semaines, dont la cause n'est pas déterminée
après l'enquêe clinique et paraclinique de routine
pratiquée au cours d'une semaine d'hospitalisation, ou
d'investigations appropriées menées à titre
externe.
L'examen d'un malade fébrile nécessite un interrogatoire et un examen physique détaillés. Il a pour buts :- en urgence, de rechercher des facteurs de gravité lié au terrain et des signes de mauvaise tolérance de la fièvre- de rechercher des signes d'appel (atteinte viscérale) qui permettront d'orienter le diagnostic.
1 - Interrogatoire
b) L'interrogatoire
précise ensuite les caractéristiques de la
fièvre (cf III)
- le mode d'installation
- l'intensité- l'évolution
c) Enfin, il recherche des manifestations associées - non spécifiques. frissons : fréquents lors de maladies infectieuses, mais peuvent se rencontrer au cours de maladies inflammatoires. sueurs : banales au décours d'un accès de fièvre, mais des sueurs profuses essentiellement nocturnes orientent vers un lymphome ou une tuberculose. asthénie, anorexie, amaigrissement - signes fonctionnels spécifiques d'organe Au terme de l'interrogatoire, les données recueillies permettent de construire l'histoire de la maladie. L'examen physique tentera d'étayer les premières hypothèses établies à partir de l'interrogatoire. En l'absence d'indice, il recherchera des signes pouvant orienter vers un diagnostic.
2 - Examen physique
b) L'examen appareil par
appareil recherche des signes d'appel
-> L'examen doit toujours êre orienté, dans un
premier temps vers la recherche d'une origine infectieuse, car
cela peut nécessiter un traitement en urgence- porte
d'entrée et foyer primitif. respiratoire : foyer de
crépitants, épanchement pleural. urinaire :
fosses lombaires, prostate. cutané et muqueux :
éruption, plaie ou effraction. cardio-vasculaire :
souffle valvulaire. ORL et dentaire. digestif : points
douloureux précis, touchers pelviens.
gynécologique. neuro-méningé : raideur
méningée, signes de localisation. locomoteur :
arthrites, douleurs rachidiennes. aires ganglionnaires, rate :
adénopathie unique, multiples- localisations
secondaires
-> recherche d'une autre pathologie- thrombo-embolique
(grosse jambe rouge, douleur thoracique...) - inflammatoire
(céphalée, diminution d'un pouls temporal dans la
Maladie de Horton ; arthralgies, éruption
cutanée, péricardite etc dans les
connectivites...) - néoplasique, hémopathie-
endocrinienne (hyperthyroïdie) - médicamenteuse
(antibiotiques, anticancéreux...)
2- En fonction de l'orientation
b) Recherche d'une pathologie non infectieuse, les examens seront également guidés par les signes d'appel - échographie et doppler (phlébite, embolie pulmonaire) - biopsie d'artère temporale (Maladie de Horton) - échographie et scanner (tumeur) - bilan immunologique, endocrinien ...Quelques exemples de maladies responsables de fièvre aiguë- les infections sont en cause dans la plupart des cas (bactériennes, virales, parasitaires, mycotiques) : urinaire, pneumopathie, érysipèle, cholécystite, angiocholite, méningite, paludisme...- certaines maladies inflammatoires peuvent s'accompagner ou se révéler par une fièvre aiguë : poussée de chondrocalcinose, poussée d'une maladie lupique...- plus rarement, cause médicamenteuse, néoplasie, hémopathie, pathologie endocrinienne, vasculaire... Quelques exemples de maladies responsables de fièvre prolongée - dans environ 1/3 des cas , sont en cause des infections localisées pauci symptomatiques, des infections générales : endocardite, tuberculose...- cancers et hémopathie (# 20%) : cancer du rein, du côlon, lymphome...- maladies inflammatoires (# 20%) : maladie de Horton, LED, PR, maladie de Crohn, vascularites...- affections vasculaires : maladie thrombo-embolique, résorption d'un hématome, myxome de l'oreillette...- endocrinopathies : hyperthyroïdie, insuffisance surrénale- médicaments, coup de chaleur, fièvre factice...
Références: Abrégés Médecine Interne, B DEVULDER, Ed Masso
Sémiologie Médicale initiation à la physiopathologie, A. C ASTAIGNE, Ed Sandoz
Redécouvrir l'examen clinique, Clé du diagnostic, O. B LETRY Ed Doin