Selon une enquête du Ministère du
Travail et de l'INSEE, 25 % des salariés jugent "toujours" ou "souvent"
trop contraignantes les ambiances hygro-thermiques de travail.
La contrainte thermique développe des astreintes physiologiques et
psycho-sensori-motrices pouvant être responsables soit d'un dysfonctionnement,
soit d'une sollicitation excessive de l'organisme.
Elle se fait par 4 mécanismes.
Échange thermique par contact avec un solide au niveau des surfaces d'appui du corps.
Échange entre le corps et un fluide en mouvement
qui est presque toujours l'air (mais peut être également de l'eau).
Ces échanges sont d'autant plus importants que la ventilation est efficace
et le milieu ambiant plus froid que la température du revêtement
cutané.
Ces échanges peuvent être diminués par l'interposition
d'une couche isolante (vêtements...)
Échange thermique entre la peau et les éléments solides placés dans l'environnement. Les échanges se font des corps les plus chauds vers les corps les plus froids.
C'est le moyen le plus efficace pour éliminer
la chaleur produite. Plusieurs formes existent :
- Perte de vapeur d'eau par les poumons (négligeable
pour l'homme mais très importante pour le chien par exemple),
- Perspiration : diffusion de l'eau des couches
superficielles de la peau vers l'extérieur,
- Sudation, à condition que la sueur
soit effectivement évaporée c'est-à-dire que l'air ambiant
soit renouvelé et non saturé en vapeur d'eau (1 gr d'eau évaporée
permet d'éliminer 0,6 kcal).
Les quatre paramètres de base de l'ambiance thermique sont la température de l'air, l'humidité de l'air, la température de rayonnement et la vitesse de l'air. Ces mesures nécessitent un matériel assez simple mais une grande rigueur pour leur utilisation. Le médecin du travail définit les limites acceptables qui concourent au confort thermique.
C'est une appréciation subjective. Ainsi la notion
de confort est équivalente pour les trois exemples suivants :
|
Température
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40°c
|
32°c
|
28°c
|
|
Humidité
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26 %
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68 %
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100 %
|
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Vitesse de l'air
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1 mètre par seconde
|
0,1 mètre par seconde
|
nulle
|
Tant que les mécanismes physiologiques de lutte sont suffisants pour assurer un bon équilibre thermique, ce sont des ambiances tolérables. Quand ces mécanismes sont saturés, l'équilibre peut être rompu et donc il faut déterminer des durées maximales d'exposition.
Selon le bilan thermique global, le sujet se trouve dans une zone de confort thermique, il n'en sera pas totalement satisfait si une partie de son corps est chaude alors qu'une autre est froide. Un tel inconfort thermique local peut avoir plusieurs origines :
Elle se manifeste par une élévation de la température superficielle (cutanée, par vasodilatation) afin d'augmenter les échanges de chaleur par convection et rayonnement. Cela peut être insuffisant, le bilan thermique est déséquilibré, le stockage de chaleur entraîne une élévation de la température corporelle profonde. On considère qu'une variation de 1°c de la température rectale est une limite à ne pas dépasser. La température cutanée se situe normalement entre 28 et 36°c, le seuil d'alarme est à 42°c. Lorsque la température cutanée atteint 43°c, le patient ressent une sensation de brûlure.
Elle découle de la précédente. Il faut une vasodilatation périphérique. Cela se traduit par une augmentation du débit sanguin et de la fréquence cardiaque. Cette redistribution vasculaire provoque un risque de bas débit cérébral et d'hypotension artérielle.
L'évaporation de la sueur est le moyen le plus efficace
de lutter contre la chaleur mais l'évaporation de la sueur peut être
entravée par le vêtement de travail. De même, si elle ruisselle
sur la peau, elle est inefficace.
Mais ce phénomène est limité par la "sudation maximale"
(S Max) qui est la quantité maximale de sueur qu'un sujet donné
peut fournir (à peu près 4 litres pour 8 heures) et par les
déséquilibres entre les transports internes et externes.
La sudation entraîne par ailleurs une perte importante d'eau et de sels
divers. La déshydratation de l'organisme doit être limitée
à 4 à 6 % du poids du corps. Il convient donc de fixer une perte
sudorale maximale admissible (D max) qui ne doit pas dépasser 1,5 l
/h.
Ils sont les plus importants à connaître. Schématiquement il y a deux mécanismes :
Coup de chaleur
Il survient brutalement après une sudation importante suivie d'une
insuffisance des glandes sudoripares ou d'une carence centrale des mécanismes
de thermorégulation. Il y a destruction des membranes cellulaires et
des systèmes enzymatiques thermolabiles ce qui explique certaines séquelles
à type d'insuffisance rénale, d'insuffisance hépatique
ou de syndrome de lyse musculaire avec myoglobinémie.
La température centrale monte rapidement autour de 41°c,
il s'ensuit un malaise général avec accélération
du pouls. Le visage est cyanosé, la peau rouge, chaude et cyanique.
Il y a une dyspnée avec des vertiges et des troubles visuels. Il y
a une élévation importante de l'index cardiaque pour couvrir
les besoins circulatoires liés à la vasodilatation périphérique
intense. Le coup de chaleur peut être suivi d'un état de choc
(à pression veineuse centrale élevée) quand l'élévation
de l'index cardiaque devient insuffisante On peut voir diverses manifestations
neurologiques (syndrome pyramidal, Babinski bilatéral, convulsions
voire coma).
Le coup de chaleur est une urgence thérapeutique : la mort peut survenir
brutalement si un refroidissement et une réhydratation ne sont pas
rapidement entrepris. Le sujet doit être refroidi par des linges mouillés
à l'eau froide ou par un bain tant que la température centrale
est supérieure à 39°c. Cette affection n'est
pas qu'exotique. Ainsi, il y a eu plusieurs cas en Bretagne lors de la canicule
et de la sécheresse de 1976.
Insolation
Elle correspond surtout à une exposition à la chaleur de la
tête et du cou. Les signes neurologiques sont prédominants avec
céphalées, convulsions et perte progressive de la conscience
accompagnée d'un syndrome méningé. Des hallucinations
peuvent survenir.
Etat d'épuisement
La température centrale est souvent moins élevée que
dans le coup de chaleur, la peau est humide et pâle, le sujet devient
somnolent puis de plus en plus confus, avec des vertiges, des vomissements
et des crampes musculaires. La pression artérielle tend à s'abaisser
jusqu'au collapsus.
Accidents généraux de déshydratation
Ils associent une déshydratation intra et extracellulaire avec soif
intense, pli cutané, baisse de la pression artérielle, baisse
de la diurèse, langue sèche et troubles de la conscience. Une
perte de 1 litre de sueur représente 2,5 % du volume d'eau total d'un
adulte. Les accidents de déshydratation peuvent survenir dès
que la perte atteint 5 % du volume d'eau totale du corps.
Le déficit sodique est lié à l'absence de remplacement
du sodium perdu par sudation excessive. Chez un sujet non acclimaté
la perte peut avoisiner 6 à 9 g/l, alors que chez le sujet acclimaté
elle n'est plus que de 3 ou 4 g/l.
Syncope de chaleur
Elle correspond à une stase veineuse périphérique avec
hypotension artérielle et évanouissement sans élévation
de la température centrale. Le rafraîchissement et la mise en
décubitus suffisent à rétablir la conscience.
Crampes de chaleur
Elles sont précédées de troubles du goût et de
l'odorat. Ce sont des contractions spasmodiques involontaires des muscles
et en premier des muscles fléchisseurs des doigts qui se contractent
entraînant une demi-flexion de tous les doigts. La bouche se déforme
en contraction circulaire comme si le sujet sifflait. Des douleurs plus ou
moins violentes y sont associées ainsi qu'une tachycardie. Les accès
durent 2 ou 3 minutes et se reproduisent après une pause de quelques
minutes. Ces crampes sont dues à une hyponatrémie et une hypochlorémie
avec hyponatriurie et hypochloriurie. Le traitement consiste en l'administration
de sel (NaCl).
Elles se voient volontiers chez les chauffeurs (de chaudières), les
soutiers ou les mineurs.
Effets de la vasodilatation périphérique
L'ždème de chaleur des chevilles et des pieds survient surtout la première
semaine d'exposition. On en rapproche les insuffisances veineuses induites
ou aggravées par des sources de chaleur localisées. Cette insuffisance
veineuse est d'abord fonctionnelle puis organique par altération définitive
des valvules des veines des membres inférieurs (varices).
Conséquences cutanées de la sudation
excessive
On peut constater des mycoses des orteils, des dyshidroses et des dermites
d'irritation par macération.
Les sudamina sont de fines papules multiples plus ou moins prurigineuses,
présentes sur le thorax, le dos ou l'abdomen de sujets portant des
vêtements trop chauds et hermétiques, provoquant une sudation
prolongée. Leur guérison se fait par allégement de l'habillement
et par lavages répétés à l'eau et au savon.
On en rapproche la miliaire rouge dont l'aspect est analogue mais qui est
provoquée par l'exposition au soleil ou à une source localisée
d'infrarouge.
Ces deux éléments sont dus à une obstruction des glandes
sudoripares.
Urticaire à la chaleur
Peu fréquente, elle forme des papules ortiées des zones exposées.
Le diagnostic peut être confirmé par application d'un tube chaud
à 43 °c sur la peau de l'autre bras pendant 5 mn.
Effets des rayonnements infrarouges
- Dermites des chaufferettes
C'est l'existence conjointe d'un érythème avec des pigmentations
et des télangiectasies ayant une distribution réticulée
siégeant dans la zone du rayonnement thermique (habituellement les chevilles).
- Atteintes de l'žil
Il y a deux types de rayonnement infrarouge : les IR proches (entre 700 et 1400
nm) provoquent une cataracte (ainsi la cataracte des verriers) ; les moyens
(entre 1400 et 1900 nm) provoquent des brûlures cornéennes, des
blépharites, des conjonctivites rebelles et récidivantes.
- Les brûlures et les coups de soleil
Prévention technique collective
Il faut alléger au maximum la pénibilité due à
la chaleur. Pour cela :
- L'isolement ou isolation des sources de chaleur, la mécanisation
des tâches effectuées à côté des sources
de chaleur intenses doivent être recherchées en priorité
grâce à des robots, à une surveillance à distance·
- Des écrans absorbants doivent être interposés entre
la source de chaleur et le travailleur.
- La ventilation et la climatisation sont des mesures complémentaires
très utiles.
- Chaque fois que possible, on aura recours à des cabines climatisées
de surveillance à distance.
- Des boissons fraîches non alcoolisées doivent être à
disposition des travailleurs.
Il existe un indice (WBGT = Wet Bulb Globe Test, traduit en : "température
humide du globe noir") qui permet d'apprécier la contrainte thermique
subie par une personne placée en ambiance chaude. Il offre des valeurs
repères, lesquelles aident le médecin du travail dans son rôle
de conseiller des partenaires dans l'entreprise pour l'amélioration
de l'hygiène.
Prévention technique individuelle
Elle est utile par exemple pour les pompiers, les volcanologues... Ce seront
surtout des vêtements métallisés ou en matériaux
résistants à la chaleur, ils peuvent être complets ou
partiels avec des gants, des bottes.
Il faut y associer des écrans mobiles, des lunettes protégeant
des infrarouges.
On peut avoir recours à des vêtements refroidis par jets continus
d'air qui donnent de l'air frais assurant ainsi l'accélération
des échanges par convection et évaporation de la sueur.
Prévention médicale
Les travailleurs exposés à la chaleur sont soumis à une
surveillance médicale spéciale (arrêté du 11 juillet
1977).
Il faut insister sur l'hygiène alimentaire et l'importance des boissons.
Il est bon de pouvoir évaluer les indices d'astreinte cardio-circulatoire
et sudorale. Ces mesures, réalisées en milieu de travail, peuvent
s'avérer complexes.
Un acclimatement d'une dizaine de jours permet de s'habituer à la chaleur
en augmentant la sudation tout en diminuant les pertes d'électrolytes
par la sueur. Cet acclimatement se perd après plusieurs semaines sans
exposition à la chaleur.
Deux maladies ouvrent droit à réparation :
- vasoconstriction périphérique.
Elle est visible (pâleur cutanée) et gênante (maladresse
musculaire à cause du ralentissement des réactions enzymatiques
et biochimiques diminuant la qualité de la contraction),
- augmentation du débit cardiaque par augmentation de la fréquence
et de la force de contraction cardiaque.
- conduction, c'est-à-dire bien isoler mains
et pieds en tenant compte également du coefficient de conductibilité
des matériaux,
- convection, mécanisme très important dans l'eau (on refroidit
plus vite dans l'eau que dans l'air).
(Rappel : la sudation est nulle en ambiance froide et donc les échanges
par évaporation sont nuls.)
Elle se fait en particulier grâce à un travail
musculaire volontaire ou involontaire.
L'activité involontaire est représentée par les tremblements
et frissons : ce sont des contractions réflexes des muscles, 5 à
10 fois par seconde. Cela constitue la thermogenèse de réchauffement
qui produit à peu près 2OO Watts pour un homme de 70 kg.
Le travail musculaire volontaire apporte de la chaleur mais au prix d'une
dépense des réserves de l'organisme. Il faut donc augmenter
l'apport en aliments rapidement utilisables et aliments de réserve
(ce qui revient à augmenter la ration lipidique). Il faut également
augmenter l'apport de vitamine C. Bien sûr, il ne faut pas d'alcool
car il entraîne une vasodilatation périphérique et donc
une perte de chaleur.
Tableau général
Ils se produisent lors d'expositions au froid de tout l'organisme ou d'une
grande surface de celui-ci avec perte générale de chaleur et
abaissement marqué de la température centrale.
Les catastrophes naturelles et les guerres sont les grandes causes d'hypothermie.
En milieu de travail ils peuvent se voir, rarement, lors de malaises survenant
dans des chambres froides dans l'agroalimentaire, lors de plongées,
lors de travaux en altitude ou en zone de type polaire. Dans le cas de travaux
en altitude, les risques liés au froid sont majorés par l'hypoxie,
en zone de type polaire, ils sont majorés par le vent. En milieu non-professionnel,
ils surviennent surtout en montagne et lors de plongée.
En fonction de la perte calorique et de la baisse de la température
centrale, on peut observer les symptômes suivants :
|
Pertes en kcal
|
Température centrale
|
symptômes
|
|
0 à 100
|
37°c
|
Sensation de froid, vasoconstriction cutanée, augmentation du tonus musculaire, baisse de la rapidité et de la régularité des réponses, baisse de la vigilance. |
|
36°c
|
Frissons sporadiques continus. | |
|
200
|
35°c
|
Amnésie. |
|
300
|
34°c
|
Confusion mentale. |
|
33°c
|
Hallucinations. | |
|
400
|
32°c
|
Troubles du rythme cardiaque. |
|
500
|
31°c
|
Absence de reconnaissance des êtres familiers. |
|
600
|
29°c
|
Perte de connaissance. |
|
28°c
|
Perte des réflexes cutanés, tendineux, pupillaires. | |
|
700
|
27°c
|
Risque de décès. |
Troubles cardiaques
Ils sont liés à la vasoconstriction intense des vaisseaux, en
particulier des coronaires. On peut donc voir des douleurs de type angineux
chez les sujets prédisposés.
Il y a une bradycardie quasi constante habituellement sinusale et proportionnelle
à la baisse de température. En dessous de 32 °c
on peut voir des troubles de la conduction auriculo-ventriculaire avec allongement
de l'espace PR à l'ECG et des troubles de la repolarisation (allongement
de QT). Le risque est le passage en fibrillation ventriculaire (surtout à
partir de 32°c) qui nécessite une réanimation
cardio-circulatoire avec défibrillation.
Cryoplexie
Elle est à l'origine de la mort de nombreux marins et d'aviateurs naufragés,
d'explorateurs polaires. On distingue deux types :
Elle survient chez un sujet en bon état
physique, victime d'un accident brutal lié au froid : son organisme
va engager une lutte intense. Il y augmentation du métabolisme avec
:
- frissons généralisés et répétés,
agitation qui disparaissent quand la température devient inférieure
à 32°c,
- crampes musculaires douloureuses, exagération des réflexes
ostéo-tendineux qui disparaissent progressivement en dessous de 30-31°c,
- accélération du rythme cardiaque et augmentation de la pression
artérielle,
- vasoconstriction périphérique intense,
- hyperglycémie.
Si l'exposition au froid se prolonge, il apparaît une rigidité.
Entre 32°c et 25°c de température centrale,
la conscience s'altère avec apparition d'une anesthésie complète.
Une arythmie de type lent s'installe, la rigidité disparaît et
le sujet meurt d'arrêt cardiaque.
Elle est beaucoup plus insidieuse et grave car elle survient chez un sujet anxieux, épuisé et qui se laisse aller à une torpeur grandissante. Le sujet ne s'agite pas, ne frissonne pas, ne souffre pas et sombre dans une indifférence croissante rendant obligatoire le secours d'une tierce personne. Cette forme est grave à cause de son apathie mais n'est pas désespérée car les défenses de l'organisme restent parfois intactes et une récupération est possible en cas de sauvetage précoce.
Conduite à tenir devant un accident dû au
froid
Il faut savoir que malgré une hypothermie sévère, les
chances de survie sont importantes. Il faut donc poursuivre la réanimation
très longtemps. Une surveillance d'au moins 48 heures, en milieu spécialisé,
est nécessaire après le retour en normothermie.
Bien sûr, il faut soustraire le plus vite possible le sujet à
l'ambiance froide en mobilisant le moins possible le sujet, en évitant
dans tous les cas de porter les extrémités distales du réfrigéré
au-dessus du niveau de son thorax. L'apport de sang froid vers la cavité
cardiaque pourrait lui être fatal.
Il ne faut jamais réchauffer trop rapidement et énergiquement
un réfrigéré. Le réchauffement doit être
progressif, par séchage, sans frictions, sur un sujet complètement
enveloppé. Proscrire les vêtements ou sacs chauffant ou les bains
chauds.
Bien entendu, un arrêt cardiaque ou respiratoire doit conduire à
une réanimation par bouche à bouche et massage cardiaque externe
jusqu'à l'arrivée des secours.
Dans tous les cas où cela est possible, il faut apporter de l'air réchauffé
entre 42 et 48°c permettant d'élever la température
centrale de 1°c par heure. La prise de boisson chaude n'est
pas interdite dans la mesure où le sujet est conscient, mais les boissons
alcoolisées sont à proscrire formellement du fait de leurs effets
vasodilatateurs.
Dans le cas d'une hypothermie légère ou modérée,
le sujet recouvert de deux ou trois couvertures peut être placé
dans une pièce chauffée de façon à ce que sa température
centrale s'accroisse de 0,5°c par heure environ.
Ils sont favorisés par l'absence d'exercice musculaire ou par une fragilité artérielle sous-jacente. Ils touchent surtout les extrémités.
Engelures
Ce sont des placards de couleur violette ou rouge, souvent diffus, douloureux
au froid, à la pression et atteignant les extrémités.
Elles sont souvent précédées de l'onglée douloureuse
: les orteils ou les doigts deviennent soit pâles, soit rouges, des
périodes de vasoconstriction succédant aux périodes de
vasodilatation. C'est un signe d'alarme précieux. À un degré
de plus, il y a vasoconstriction intense avec anesthésie complète
qui durera jusqu'au réchauffement qui sera douloureux avec sensation
de brûlure intense et rougeur due à la vasodilatation. Ces douleurs
peuvent durer plusieurs heures suivies d'une hyperesthésie de plusieurs
jours. Des crevasses douloureuses peuvent apparaître surtout en cas
de traumatismes associés, même minimes. De plus les petites plaies
sont lentes à guérir à basse température.
Gelures
Les gelures superficielles sont marquées par un érythème,
un ždème et des phlyctènes claires. Elles guérissent
sans séquelle.
Les gelures profondes se rencontrent lors d'une exposition prolongée
à de basses températures. La coloration des tissus est bleuâtre
avec anesthésie locale plus ou moins complète. Après
quelques heures, de grosses phlyctènes séro-hématiques
couvrent les parties gelées. Puis apparaissent les escarres de profondeur
variable, souvent surinfectées et pouvant à terme, conduire
à des amputations.
Les gelures de la face sont particulièrement insidieuses car
elles donnent peu de symptômes. Sur le visage apparaissent des tâches
livides ou grises avec des sensations de piqûres d'aiguilles ou de petites
douleurs aiguës et soudaines, puis survient l'anesthésie complète.
Lors du réchauffement, la gelure devient rouge et chaude, se déprime,
suinte. Ainsi, il peut y avoir des mutilations à bas bruit des extrémités
du nez ou des oreilles. Ces gelures peuvent être particulièrement
graves chez les sujets atteints de cryoglobulinémie.
Acrocyanose
C'est une coloration cyanique persistante des extrémités qui
s'accentue au froid en s'associant à une sudation plus ou moins importante.
Phénomène de Raynaud
La phase syncopale est marquée par la pâleur intense, cireuse
des doigts, remontant parfois sur la main voire jusqu'au poignet. Elle s'accompagne
de paresthésies ou même d'une anesthésie des doigts qui
deviennent parfois très maladroits. Dans certaines formes intenses,
il existe un ždème associé. Lors de la récupération,
quelques minutes à une demi-heure après le retrait du froid,
la sensibilité réapparaît parfois de façon douloureuse
et les doigts retrouvent une mobilité normale. Leur couleur est passée
du blanc cireux à la cyanose puis à une rougeur diffuse.
Il existe fréquemment des antécédents familiaux analogues,
sinon il faut rechercher une maladie de système associée. Le
diagnostic est affirmé par la pléthysmographie.
Urticaire au froid
Ce sont des affections rares. Elles surviennent sur des zones cutanées
exposées au froid par contact direct avec des substances froides ou
des courants d'air froid ou de l'eau froide. Elles peuvent être associées
à des manifestations générales : malaise, nausées,
douleurs abdominales, tachycardie, dyspnée voire syncope avec état
de choc anaphylactique.
Le diagnostic se fait grâce au test du glaçon : on applique un
glaçon pendant 2 à 10 minutes sur l'avant-bras du patient. En
cas d'urticaire au froid, une plaque urticarienne va apparaître au niveau
de la zone de contact.
Le froid intervient dans le déclenchement, la diffusion
et l'évolution de certaines maladies sans pour autant en représenter
la seule étiologie. C'est le cas pour la laryngo-trachéite d'altitude
due essentiellement à la sécheresse de l'air froid, pour les
maladies infectieuses des voies respiratoires supérieures. Le froid
peut également déclencher des crises d'angor. Le froid aggrave
les affections rhumatismales en particulier les arthroses des extrémités.
On peut voir des hémoglobinuries paroxystiques au froid : après
exposition au froid, surviennent de façon brutale, un malaise associé
à des bourdonnements d'oreilles, des crampes, une tachycardie, une
tendance au collapsus puis des frissons et une hyperthermie. Une à
deux heures plus tard, les urines deviennent rouges en raison de l'hémoglobinurie.
Par ailleurs, il ne faut pas oublier les traumatismes liés indirectement
au froid comme les chutes d'hommes ou de matériel en raison du gel
se déposant sur les sols ou les espaces de rangement.
Il faut, dans la mesure du possible chauffer les
locaux. Si le froid est nécessaire (industrie agroalimentaire·) il
faut prévoir des pauses longues dans des locaux chauffés (au
moins 20 mn) comportant des installations permettant le séchage des
vêtements de travail utilisés en ambiance froide et humide.
Des boissons chaudes, non alcoolisées, doivent être mises à
la disposition du personnel.
Pour le travail dans les chambres froides, il faut prévoir des installations
de surveillance avec indication de la présence de personnel à
l'intérieur de la chambre froide (voyant lumineux, interphone·), avec
ronde en fin de poste pour s'assurer que plus personne ne séjourne
dans ces locaux, les portes doivent pouvoir facilement être ouvertes
de l'intérieur.
Pour la plongée, les durées doivent être limitées
en fonction de la température de l'eau.
Les vêtements doivent être appropriés.
Ils sont classés selon leur isolement thermique qui se mesure en clos.
Un clo (du mot anglais "cloth") est l'isolement thermique apporté par
un vêtement assurant la neutralité thermique d'un sujet au repos.
Un costume de laine avec des sous-vêtements représente une protection
d'environ 1,5 clos, une tenue habituelle de sport d'hiver à peu près
2 clos et un équipement polaire 3 à 4 clos.
Les sous-vêtements, en laine ou en coton, doivent pouvoir être
changés facilement.
Les chaussures ou les bottes seront fourrées. Les chaussettes doivent
être épaisses, changées facilement. Dans le cas des chaussures
de sécurité, la coque et les semelles métalliques doivent
être bien isolées thermiquement du pied.
Les mains doivent être recouvertes de gants fourrés efficaces,
si possible à doigts séparés. Les produits froids ne
doivent pas être manipulés à mains nues surtout si leur
température est inférieure à 0°c.
Dans le cas de la plongée, les combinaisons doivent être adaptées,
entièrement étanches avec chaussons et cagoule.
Les salariés travaillant dans les chambres
frigorifiques bénéficient d'une surveillance médicale
spéciale (arrêté du 11 juillet 1977).
Il est interdit d'employer des jeunes de moins de 16 ans aux étalages
extérieurs des magasins et boutique. L'emploi des jeunes de moins de
18 ans est interdit de façon absolue lorsque la température
est inférieure à 0°c, il en est de même
pour les femmes enceintes.
La ration alimentaire doit être augmentée (par exemple environ
6 000 kcal/j pour la plongée en eau froide) notamment les lipides et
les glucides sans oublier la vitamine C. Les boissons doivent être également
augmentées du fait de la sécheresse de l'air.
Le médecin doit vérifier l'accoutumance au froid et rechercher
d'éventuels signes de désadaptation.