Dermatoses professionnelles

Institut Universitaire de Médecine du Travail de Rennes
2, avenue du Pr. Léon Bernard, CS 34317, 35043 Rennes Cedex

mis à jour le 21 juin 1999
1 Définition
2 Fréquence
3 Examen d'un sujet atteint d'une dermatose professionnelle
3.1 Le diagnostic dermatologique
3.2 L'interrogatoire
3.3 Les examens complémentaires praticables
3.4 Analyses techniques sur les lieux de travail
3.5 Surveillance de l'évolution
4 Classification des dermatoses professionnelles
5 Exemples de dermatoses professionnelles allergiques
5.1 Chez les coiffeurs
5.2 Chez les maçons (coffreurs)


1 Définition

Les dermatoses professionnelles sont des affections cutanées dont l'apparition ou le développement est lié au travail professionnel.

Ces affections supposent un double diagnostic : celui de la nature de la lésion cutanée et celui de la relation avec le travail du sujet. Elles posent un problème de stress lié à la répétition des poussées et une grande inquiétude pour l'avenir : le maintien au même emploi sera-t-il possible et durable ?

 

2 Fréquence

La fréquence des dermatoses est élevée, de l'ordre de 55 à 80 % des affections professionnelles. Les dermatoses professionnelles représentent environ 10 % de la pathologie cutanée générale.

Ces dermatoses affecteraient plus de 1 % de la masse des travailleurs et représentent autour de 10 % des maladies professionnelles indemnisées dans le Régime Général de Sécurité Sociale.

 

3 Examen d'un sujet atteint d'une dermatose professionnelle

3.1 Le diagnostic dermatologique

Il doit être posé en fonction de l'aspect et de la localisation des lésions.

3.2 L'interrogatoire

Il porte sur : Il comporte un inventaire des risques liés aux conditions de travail :

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3.3 Les examens complémentaires praticables

- Prélèvements bactériens et mycologiques, analyse sanguine.
- Pratique des tests :

Trois types de réponse sont possibles : Certains tests pour allergènes sont fabriqués industriellement.

3.4 Analyses techniques sur les lieux de travail

Elles sont effectuées le plus souvent par le médecin du travail lors de son tiers temps :

3.5 Surveillance de l'évolution

- La suppression des causes doit entraîner la disparition de la dermatose sous réserve d'éviter les erreurs thérapeutiques et les erreurs de prévention.

- La cause de la dermatose professionnelle peut être retrouvée en dehors du travail et être responsable d'une persistance des lésions.

- L'absence de guérison est souvent due à l'insuffisance d'éducation sanitaire du patient ou à l'impossibilité matérielle d'éviter les contacts avec l'allergène ou les lésions mécaniques de la peau (abrasion, microtraumatismes, coupures, ...).

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4 Classification des dermatoses professionnelles

Le concept de Sézary opposait deux types de dermatoses : Le concept de dermatose orthoergique est actuellement abandonné en raison des multiples variations individuelles observées pour des agressions professionnelles apparemment identiques.

Actuellement, on classe les dermatoses selon les facteurs étiologiques :

 

5 Exemple de dermatoses professionnelles allergiques

5.1 Chez les coiffeurs

L'application quotidienne et répétée, sans gants, de teintures, permanentes et shampooings, est à l'origine de dermatoses professionnelles graves conduisant à de nombreux abandons du métier.

5.1.1 Les produits responsables sont les suivants :

- shampooings : agents nettoyants tensioactifs + adjuvants provoquant des dermites d'irritation des espaces interdigitaux, surtout chez les apprentis qui font la plupart des shampooings.

- décoloration capillaire : persulfates alcalins entraînant des eczémas de contact mais aussi des troubles respiratoires (rhinite, asthme) quand ils sont inhalés sous forme de poudre.

- permanentes : solution réductrice qui rompt les ponts disulfures de la kératine. Le cheveu est alors mis en forme, rincé et les ponts sont reconstitués par application d'une solution oxydante.
On observe des irritations cutanées surtout sur la partie distale des doigts (index, majeur).

- nickel : l'utilisation trop fréquente d'objets métalliques (ciseaux, rasoirs) dont les manches et poignées ne sont pas enrobés de plastique, déclenche des allergies à ce métal. De plus, les liquides de permanentes favorisent le passage du nickel sous l'épiderme et donc les allergies.

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5.1.2 Conduite à tenir

Elle nécessite de :
- Reconnaître le type de dermatose : - Établir le lien avec l'activité professionnelle : - Déterminer les produits responsables par :

5.1.3 L'évolution

Les dermites d'irritation touchent surtout les apprentis et diminuent après leurs années de formation (moindre nombre de shampooings). Malheureusement, l'eczéma allergique de contact tend à s'aggraver et nécessite souvent le changement de profession.

5.1.4 La prévention

- médicale : doit débuter dès l'apprentissage théorique par : - technique

5.1.5 Prise en charge au titre des maladies professionnelles : tableaux 15 et 65

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5.2 Chez les maçons (coffreurs)

Les utilisateurs de ciment (maçons, coffreurs, utilisateurs de vibreuses à béton, ouvriers du gros þuvre et second þuvre dont les électriciens et les plombiers-chauffagistes) représentent un groupe professionnel pour lequel on déplore de nombreux problèmes dermatologiques.

5.2.1 Le matériel utilisé :

Le ciment, mélange de pierre, mortier et chaux, réalise un liant hydraulique sous forme de poudre fine.
Les ciments sont naturels ou artificiels et contiennent en quantité variable 3 types d'allergènes principaux :

5.2.2 Les dermatoses observées sont les suivantes :

- brûlures caustiques à type d'ulcérations arrondies de la pulpe des doigts lors de la manipulation des ciments à prise rapide (10 secondes de séchage). L'alcalinité des ciments à prise accélérée (pH 11-13) se révèle lors de l'humidification soit par addition d'eau, soit au contact d'une peau humide.

- dermites d'usure ou d'irritation dues à l'association des traumatismes physiques (manipulation de parpaings, effets du froid, sudation sous les gants) et des agressions chimiques (alcalinité du ciment, utilisation de détergents, huiles de décoffrage·).

- dyshidroses : elles se caractérisent par des vésicules interdigitales. - mycoses des orteils réalisant des intertrigos ou "pieds d'athlètes" par macération dans les bottes en caoutchouc.

- dermatoses allergiques par sensibilisation au chrome (chromate hexavalent ou trivalent). Elles apparaissent tardivement et sont les plus préoccupantes. Ces lésions érythémato-þdémato-vésiculeuses atteignent souvent l'avant-bras, prennent un caractère érythémateux étendu et récidivent à la moindre exposition au ciment.

- élaïoconiose ou eczéma par utilisation d'huiles usagées de décoffrage ou de démoulage. Ces dermites sont aéroportées si ces huiles sont pulvérisées.

5.2.3 L'évolution :

Le reclassement est difficile en cas de dermites des cimentiers car le salarié est déjà âgé et présente dans 10-15 % des cas une dermite résiduelle après l'arrêt du contact avec le ciment.

5.2.4 La prévention

- Les dermites d'irritation sont plus faciles à prévenir que les dermites allergiques. - Une éducation sanitaire constante et efficace (hygiène cutanée au cours et après le travail) est indispensable.

- Les mesures de prévention à suivre :

5.2.5 La réparation : tableau 8 des MPI.


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