Les organophosphorés (OP) sont des pesticides utilisés en milieu
agricole comme insecticides.
Ils appartiennent à la famille chimique des anticholinesterasiques.
Ce sont des esters de l'acide phosphorique dont les noms de matières
actives sont le plus souvent identifiables par leur terminaison en "phos"
ou en "thion".
Les OP pénètrent dans la plante et ont soit une action de surface
et ne sont pas véhiculés dans la plante, soit un effet systémique
et diffusent dans la plante.
Au niveau de l'insecte, la pénétration des OP peut se faire
par contact, digestion ou inhalation. L'action des OP sur les insectes est
neurotoxique par leur effet anticholinestérasique.
Il existe plus de quarante OP sur le marché, vendus sous plusieurs
centaines de noms de marques différents, tant pour les agriculteurs
que pour l'usage ménager. Exemples d'OP courants : Malathion : Pirigrain-HM®,
Parathion, méthylparathion, Dichlorvos ou vapona : Pirigrain-choc-M®,
Baygon ® .
Un contact cutané peut entraîner une irritation de la peau et
des muqueuses et un eczéma de contact.
Une projection oculaire peut entraîner une irritation avec larmoiement;
une conjonctivite ou myosis serré et une fasciculation des muscles
oculomoteurs.
Une inhalation modérée d'aérosol, en particulier lors
de traitements en serre, peut déclencher une réaction asthmatiforme.
| Dans la forme modérée | Dans la forme grave (en plus : ) |
| Syndrome muscarinique :
- Hypercrinie : hypersalivation, encombrement bronchique, sueurs profuses, larmoiements, vision trouble - Augmentation du péristaltisme : nausées, vomissements, crampes abdominales, diarrhée. - Myosis - Bradycardie |
Dyspnée asthmatiforme
par augmentation des sécrétions bronchiques. Mictions et défécations involontaires |
| Crampes, fasciculations musculaires. | Syndrome nicotinique : fatigabilité, asthénie intense, faiblesse musculaire, fasciculations, mouvements involontaires, paralysie des muscles respiratoires puis tachycardie et hypertension. |
| Céphalées | Atteinte neurologique centrale : agitation, anxiété, vertiges, céphalées, pouvant aller jusqu'à un état confusionnel voire un coma convulsif avec risque de choc hémodynamique. |
| Divers : troubles de la coagulation, hypokaliémie, acidose métabolique, hypo ou hyperglycémie. |
Il est essentiellement clinique.
Le dosage des pseudocholinestérases plasmatiques confirmera le diagnostic,
s'il montre une forte baisse.
Il aura un intérêt pour le suivi de l'évolution.
Des séquelles neurologiques centrales (troubles confusionnels, troubles
amnésiques, syndrome dépressif) et/ou périphériques
(neuropathie sensitivomotrice des membres inférieurs) peuvent survenir.
Un syndrome neurotoxique retardé peut apparaître 2 à 3
semaines après une intoxication aiguë ou une contamination restée
asymptomatique (ataxie, paralysie flasque des extrémités).
L'exposition chronique aux OP peut entraîner des dermites d'irritation
ou de sensibilisation.
Les OP peuvent entraîner des neuropathies périphériques
à prédominance motrice débutant aux membres inférieurs,
avec modifications visibles sur l'électromyogramme (diminution des
vitesses de conduction motrice).
Il s'agit du métabolite actif du parathion ou du méthyl parathion.
Hors les cas d'intoxication aiguës, pris en charge comme accidents du travail, les atteintes subaiguës sont réparées au titre du tableau 34 du régime général. On notera que, comme pour d'autres maladies professionnelles, une anomalie biologique isolée peut y être indemnisée.