Ce cours ne peut consister qu'en un survol très rapide. Cet intitulé correspond à lui seul, au programme d'un DIU.
- l'oxygène pur est irritant pour le tissu
pulmonaire après plusieurs heures (effet Lorrain Smith),
- l'oxygène pur est convulsivant si la pression partielle est supérieure
à 2kg/cm2 (effet Paul Bert). Les crampes, nausées,
vertiges, tachycardie annoncent les accidents.
- l'azote devient narcotique au delà de 5 bars (il n'est pas employable
au delà de moins 50 mètres car il provoque l'ivresse des profondeurs),
- le gaz carbonique, même en traces, devient dangereux en hyperbarie.
Il est responsable de céphalées, de vomissements, de congestions
de la face,
- l'hélium, utilisé si on doit descendre à moins 50 m?
peut provoquer des tremblements, des secousses musculaires, des vertiges,
des nausées, des anomalies de l'EEG (= syndrome nerveux des hautes
pressions). Les modifications de la voix sont dues à la différence
de viscosité par rapport à l'air et ne recouvrent aucun phénomène
dangereux.
Le personnel médical affecté aux soins dans les caissons hyperbare, est aussi exposé à travailler sous 2 voire 3 atmosphères. Il est surtout sujets aux accidents mineurs exposés plus loin. Les indications de l'oxygénothérapie hyperbare sont rappelées en annexe, à la fin de ce cours.
Les accidents sont de types divers, étant donné la grande variété des conditions de travail ; ainsi, pour le scaphandrier, on décrit la remontée en ballon (la valve d'évacuation des gaz est bloquée) ou le coup de ventouse (par dépression brutale, la paroi se plaque au visage)
- barotraumatismes des oreilles : rupture
du tympan, exsudat hémorragique de la caisse du tympan, atteintes labyrinthiques,
atteintes de l'oreille moyenne. (d'où otalgies, otorragie, bourdonnements
d'oreilles qui imposent une consultation spécialisée, même
si le plongeur minimiser sa gêne).
- barotraumatismes des sinus : décollement des muqueuses avec
hématomes sinusiens.
- surpression pulmonaire : à la remontée, les volumes
gazeux augmentent énormément. S'il y a une gêne à
l'expiration, (bronchomalacie, bulle d'emphysème, tumeur bronchique,
) il se produit une importante dilatation des volumes alvéolaires
et une destruction des structures du poumon : dyspnée, hémoptysie,
pâleurs, choc, pneumothorax, emphysème sous-cutané.
- colique du scaphandrier : à la remontée, les gaz digestifs
se dilatent et provoquent des douleurs coliques. On a aussi décrit
des pneumopéritoines, des ruptures gastriques (douleurs irradiant dans
l'épaule).
- douleurs dentaires lorsque des micro bulles d'air sont prisonnières
sous du matériel de prothèse ou des amalgames.
Lors de la décompression, les gaz redeviennent
libres :
- si le phénomène est lent : repassage dans la circulation puis
le poumon vers l'extérieur du corps,
- si le phénomène est rapide : apparition de bulles in situ.
Dans leur survenue, les conditions de la plongée (profondeur, durée donc degré de saturation du sang et des graisses en azote, vitesse de décompression) et l'état de santé du patient (rôle de la fatigue, de la prise d'alcool) ont leur influence.
On décrit des formes aiguës et suraiguës
:
- formes suraiguës : elles sont souvent mortelles : la bulle s'immobilise
dans une zone vitale du cerveau, dans une coronaire
- formes aiguës (immédiates et jusqu'à 24 heures
après la remontée). Il en existe diverses présentations
:
- douleurs articulaires, sourdes, battantes, gonflement, rougeur dit
"bends", un peu calmées si l'articulation est mise en flexion. Elles
se localisent souvent à l'épaule et au coude ;
- paresthésies, dites "puces", érythèmes dits
"moutons", marbrures. Ils régressent par la prise d'une douche chaude.
- troubles neurologiques : tout peut être décrit, selon
la zone qui vient de perdre sa vascularisation ; (une forme particulière
: la paraplégie par obstruction de l'artère d'Adamkiewicz ou
artère grande radiculaire).
- dyspnée, OAP.
Conduite à tenir :
Etablir la chronologie des symptômes et des
phases de la plongée, leur origine (manque de gaz, vomissement, panique),
plongées successives, alcool, excès d'exercice musculaire.
Dans l'immédiat, on a recours à l'oxygénothérapie
par voie nasale ou par ventilation mécanique à 100%,
Le transfert peut être réalisé par hélicoptère
volant à basse altitude, même si cela comporte une hypobarie
transitoire ; (dans le même soucis, on interdit tout voyage en avion
dans les 12 heures qui suivent une plongée).
Il faudra procéder à une recompression en caisson hyperbare,
puis à une décompression lente ; (autrefois, les camarades redescendaient
le malade au fond pour une recompression improvisée et le remontaient
lentement).
On discutera l'utilité d'une héparinothérapie, d'une
saignée, d'un traitement par aspirine, par vasodilatateur,
Description clinique : parfois en retard sur les signes radiologiques : gêne fonctionnelle, douleur sourde, puis raideur, limitation de l'amplitude des mouvements, atrophie musculaire.
Les radiographies peuvent montrer divers types d'images
:
- Déminéralisation en nappe, localisée, en stries sous
corticales,
- Ostéolyses avec modifications morphologiques,
- Ostéophytose, hyperostose par opposition périostée,
- Géodes, zonules d'ostéocondensation.
Les examens par IRM ont révélé plus de lésions cérébrales chez les plongeurs, à peu près toujours en zone supratentorielle, et davantage d'anomalies des disques intervertébraux.
Evolution : imprévisible (mais la poursuite du travail en hyperbarie aggrave le tableau). Ces affections sont devenues rares chez les travailleurs, en raison d'une prévention adaptée.
L'examen de Médecine du Travail avant l'embauchage
comporte :
- un examen clinique
- vérification urinaire (glucose, protéine)
- radiographies pulmonaire, des épaules, des hanches, des genoux
- test ORL : épreuves labyrinthiques, audiogrammes,
- épreuve d'effort, EFR
L'adaptation au poste est vérifiée par le Médecin du Travail après 3 jours de travail.
Un examen est prévu tous les 6 mois (clinique, urine, adaptation à effort) et plus tôt en cas d'indisposition
Un examen annuel comporte : radios des épaules, hanches, genoux, audiogramme tonal et vocal, test de la fonction labyrinthique.
Le livret du tubiste porte toutes les indications utiles : on y note tous les incidents de plongée.
Tableau de MPI n°29.
Elles sont l'objet de constantes évaluations.
1 - Intoxication par le monoxyde de carbone,
Son intérêt pour le traitement de l'intoxication par les cyanures,
l'hydrogène sulfuré, les poisons methémoglobinisants,
le tétrachlorure de carbone est très discuté.
2 - Embolies gazeuses dues aux plongées,
3 - Embolies gazeuses iatrogènes après des actes de neurochirurgie, radiographie vasculaire, circulation extracorporelle, accidents lors de la ponction et la perfusion des gros troncs veineux,
4 - Infections par germes anaérobies, gangrènes gazeuses,
5 - Autres : Anoxies cérébrales
après tentatives de pendaison, noyades, réanimations d'arrêts
cardiaques,
Ischémies aiguës des membres, d'origine traumatique ou vasculaire
après réparation chirurgicale,
Surdité brusque d'origine vasculaire,
Pseudarthroses infectées, ostéites chroniques, ostéoradionécrose
mandibulaire après radiothérapie, retard de cicatrisation, mal
perforant plantaire, ulcères artériels,