Plus de 120 000 travailleurs sont exposés aux rayonnements
ionisants.
Les sources d'expositions aux rayonnements ionisants sont multiples, artificielles
(médicales, industrielles·) et naturelles (cosmiques, telluriques·)
; cette dernière représente la principale composante de l'irradiation
reçue par la population générale.
| Rayonnement | Ce qui arrête le rayonnement |
| Rayonnement a | Feuille de papier, air |
| Rayonnement b | Plexiglas, aluminium, laiton, quelques mètre d'air |
| Rayonnement g et X | Plomb, béton baryté, acier |
| Neutron | Eau, paraffine |
Épaisseur moitié d'un écran : l'épaisseur
nécessaire pour diviser par 2 la dose de rayonnement.
Nucléide : espèce atomique définie par son nombre de
masse ( nombre total de nucléon A ), son numéro atomique ( nombre
de proton Z ) et son état énergétique nucléaire.
Radioactivité : phénomène de transformation spontanée
d'un nucléide avec émission de rayonnements ionisants.
Radionucléide (radioélément) : nucléide radioactif.
Leurs présentations et leurs conditions normales d'emploi ne permettent pas de prévenir toute dispersion de substance radioactive.
(Le curie (Ci) correspond à l'ancienne unité de radioactivité : 1Ci = radioactivité d'un gramme de radium = 37GBq).
C'est la dose reçue par unité de temps. Elle s'exprime en Gy/s ou en Sv/s. On le mesure à l'aide d'un dosimètre ou d'un stylodosimètre.
Les rayonnements cosmiques de haute énergie interagissent avec les noyaux des atomes de l'atmosphère terrestre. Ils créent :
Les radioéléments présents dans la croûte terrestre
ont en général des périodes très longues. Ils
sont responsables d'une exposition externe dont l'importance est variable
selon la nature des sols (en moyenne 1,6mSv par an).
L'organisme humain contient une faible part de radioéléments
qui sont apportés par l'alimentation et l'eau de boisson et participent
à l'exposition naturelle interne, surtout le potassium 40. (en moyenne
de 0,35 mSv par an).
Exposition médicale
La dose reçue est principalement due au radiodiagnostic. Les doses
en radiothérapie sont beaucoup plus élevées mais plus
surveillées et contrôlées (estimé à 1 mSv
par an).
Retombées des 450 essais nucléaires
aériens (estimées à 3,8 mSv par an, en décroissance
lente).
L'accident de Tchernobyl a exposé les Français à 50 m
Sv supplémentaires en 1986.
Exposition domestique
Elle est due aux objets luminescents avec des peintures au tritium, aux anciens
récepteurs de télévision, à certaines céramiques
dentaires, à l'isolation accrue des bâtiments (=> augmentation
du radon), aux vols en haute altitude.
Pour la population générale, l'exposition aux sources domestiques
et industrielles serait d'environ 10 m Sv par an.
Elle est surtout externe et plus rarement interne. Parmi les travailleurs les plus exposés, on peut citer :
Sources scellées
- mesure d'épaisseur, de densité, pesage (rayons X, divers
appareils à sources radioactives : Prométhéum 147, Krypton
85, Strontium 90, Américium 241, Césium 137, Cobalt 60) (70
% des équipements),
- contrôle non destructif des pièces métalliques de soudures,
d'þuvres d'art (rayons X, gammagraphes à Iridium 192) (10 % des équipements),
- chromatographie en phase gazeuse avec détecteur à capture
d'électrons contenant une source radioactive (9 % des équipements),
- mesure d'humidité et de densité des sols (7 % des équipements),
- analyse d'alliages par fluorescence X (1 % des équipements),
- stérilisation de matériels ou de denrées, modifications
de propriétés (accélérateurs de particules, irradiateurs
gamma au Cobalt 60),
- mesures de niveaux avec appareils à source radioactive (Américium
241, Césium 137, Cobalt 60),
-détecteurs de fumées, paratonnerres, stimulateurs cardiaques.
Sources non scellées
Leur utilisation est très variée : étude d'hydrologie,
contrôles de procédés dans l'industrie chimique, suivi
d'usure de pièces mécaniques, recherche de fuites dans les canalisations,
·
Ils sont la conséquence des effets cellulaires et ne s'expriment que
lorsqu'un nombre suffisant de cellules est détruit. Ils n'apparaissent
ainsi qu'au-delà d'une dose seuil. Au-delà de cette dose, les
effets sont d'autant plus importants que la dose est importante. Les effets
s'expriment différemment selon l'organisation du tissu touché
et sa cinétique.
Les tissus les plus radiosensibles sont les tissus hématopoïétiques,
les gonades, les poumons ; les moins radiosensibles sont le tissu nerveux
adulte, le tissu musculaire.
Dose inférieure à 0,3 Gray : Aucun symptôme
Dose comprise entre 0,3 et 1 Gray : Chute discrète du nombre des lymphocytes, difficile à apprécier. Elle est spontanément réversible. Il y a peu de signes cliniques chez la plupart des individus, parfois quelques signes neurovégétatifs avec asthénie, céphalées, nausées.
Dose comprise entre 1 et 2 Grays : Nausées, vomissements, céphalées débutent dans les 6 heures qui suivent l'exposition et peuvent durer 24 à 48 heures. Il y a une chute précoce du nombre des lymphocytes qui ne dépasse pas 50 % du taux initial et dont le chiffre reste supérieur à 1000 lymphocytes par mm3. On note une dépression transitoire et retardée des autres lignées sanguines. Le sujet doit être hospitalisé pour surveillance. La guérison est de règle, le plus souvent sans aucun traitement.
Dose comprise entre 2 et 5 Grays : Nausées,
vomissements, apparaissent dans les 2 heures. Puis surviennent : asthénie
intense, hyperthermie possible, chute rapide du nombre des lymphocytes dont
le taux est inférieur à 50 % du taux initial soit inférieur
à 1000 lymphocytes par mm3 dès les premières heures.
Cette latence clinique est mise à profit pour éradiquer les
foyers infectieux. Un dosage des anticorps anti-CMV sera effectué.
La reprise évolutive est dominée par l'aplasie médullaire
et ses conséquences cliniques, constituant la phase critique du 15
ème au 30 ème jour.
La guérison est la règle sous réserve d'un traitement
hématologique bien conduit.
Dose comprise entre 5 et 15 Grays : En plus des syndromes prodromiques et hématopoïétiques qui sont majeurs, s'ajoute un syndrome viscéral gastro-intestinal avec nausées, vomissements, diarrhées et hémorragies digestives. En l'absence de greffe de moelle, la mort est quasi certaine.
Dose supérieure à 15 Grays : Il apparaît des troubles neurologiques et cardiaques, les réactions cutanées sont précoces. Aucun traitement n'est efficace et le sujet meurt en moins de 48 heures.
Atteinte de la peau :
Entre 3 et 8 Grays : apparition d'un érythème. Au delà
de 5 Grays, épidermite sèche.
Entre 12 et 20 Grays : épidermite exsudative. (Le temps de survenue
des lésions est d'environ 3 semaines)
Au-delà de 25 Grays : nécrose de la peau.
Séquelles : elles peuvent être importantes au-delà de
10 Grays : atrophie d'un segment cutané ou muqueux, télangiectasies,
dyskératose, dyschromie· mais aussi troubles fonctionnels avec douleurs,
troubles de la sensibilité, de la vascularisation ou de la mobilité.
Effets sur les gonades :
Les cellules germinales testiculaires sont très radiosensibles. Une
dose de 4 Grays suffit pour entraîner une stérilité définitive.
Une hypospermie de plusieurs mois peut se voir pour une dose de 0,2 Gray.
Mais les cellules de Sertoli sont très radiorésistantes, il
n'y aura ni impuissance ni diminution des hormones.
La radiosensibilité des ovaires est inférieure à celle
des testicules, elle varie avec l'âge. La stérilité survient
pour des doses supérieures à 8 Grays.
Effets sur l'þil :
La partie la plus sensible de l'þil est le cristallin. Une radioexposition
peut entraîner une cataracte survenant dans un délai variable
: plus de 5 ans pour des doses inférieures à 2 Grays, 1 an pour
des doses supérieures à 10 Grays.
On peut voir également :
Effets sur la thyroïde
Les glandes endocrines sont en général assez résistantes
sauf la thyroïde pour laquelle les effets pourront être retardés
de 10 à 15 ans avec l'apparition d'une hypothyroïdie.
4.2.1 Période de préimplantation (6 ème ö 9 ème jours)
Les cellules sont indifférenciées et totipotentes. En cas d'exposition à une dose élevée, il y a mort cellulaire et avortement passant inaperçu. Sinon quelques cellules sont détruites et remplacées : une seule cellule survivante suffit pour assurer le développement complet de l'embryon.
4.2.2 Embryogénèse (jusqu'au 60 ème jour)
C'est la période la plus radiosensible. Il y a risque de malformations, de maldéveloppement du système nerveux central.
Eviter d'irradier toute femme enceinte.
En cas de grossesse méconnue, les conséquence sont fonction
de l'âge du fþtus et des doses reçues.
Ils sont difficiles à mettre en évidence car l'incidence naturelle
des anomalies génétiques est importante. Les anomalies génétiques
peuvent concerner soit les chromosomes soit un ou plusieurs gènes.
Chez l'homme, aucune enquête n'a décelé d'augmentation
de l'incidence des anomalies génétiques dans la descendance
après irradiation parentale.
C'est une circonstance exceptionnelle en milieu
professionnel. Ce n'est pas une urgence thérapeutique : toute autre
affection doit être traitée en priorité. Le pronostic
dépend de la dose reçue qu'il faut évaluer le plus précisément
possible en développant le dosimètre en urgence. L'étude
des conditions de surexposition tente de connaître la répartition
de la dose sur le corps de la personne irradiée ; en effet, s'il existe
un territoire médullaire sain, on pourra attendre une repopulation
de la moelle aplasique.
L'examen clinique est important pour faire un premier tri approximatif de
gravité des personnes exposées.
Les signes cliniques immédiats ne surviennent que pour des doses supérieures
à 1 Gray et ils surviennent d'autant plus vite que la dose est importante.
Les examens complémentaires doivent être faits rapidement :
Si une exposition aux neutrons est suspectée,
on fait une anthropogammamétrie, un recueil des phanères et
des objets portés par le sujet pour mesurer leur activité et
évaluer la dose reçue.
En cas de signe de gravité, on pratiquera un bilan prétransfusionnel,
voire un typage HLA en vue d'une greffe ultérieure. En pratique pour
une exposition externe :
Par contact
La contamination externe sur peau saine est un accident bénin. On veillera
à ce que le sujet atteint ne porte pas ses mains à sa bouche
et ne fume pas. Il faut veiller à la protection du personnel soignant
par des gants. Le traitement est réalisé sur place et sans retard
: élimination des radioéléments par déshabillage
et lavage doux avec protection des orifices naturels. La zone est ensuite
séchée et des mesures par un détecteur attestent de la
décontamination, puis rhabillage avec des vêtements nouveaux.
Le traitement est une urgence pour éviter une dissémination trop grande du radioélément. Le risque dépend du radioélément en cause et de ses voies métaboliques.
Afin de déterminer le suivi médical
du travail des personnes exposées, l'employeur est tenu de les classer
en catégories selon le niveau d'exposition susceptible d'être
atteint dans les conditions normales de travail :
- catégorie A : travailleurs directement affectés à des
travaux sous rayonnements ionisants dont les conditions de travail sont susceptibles
d'entraîner un dépassement des 3/10 des limites annuelles d'exposition.
- catégorie B : travailleurs non directement affectés à
des travaux sous rayonnements ionisants dont les conditions de travail entraînent
un dépassement du 1/10 mais ne peuvent être susceptibles d'entraîner
un dépassement des 3/10 des limites annuelles d'exposition, (l'exposition
des apprentis de 16 à 18 ans et les étudiants, pour les besoins
de formation, ne peut dépasser également ce dernier niveau).
- autres travailleurs non exposés professionnellement, comme la population
générale, ils sont soumis à la radioactivité naturelle
et la limite d'exposition globale est de 5 mSv par an.
Les limites annuelles d'exposition tiennent compte de la dose maximale autorisée
qui correspond aux 10/10.
Exposition externe exclusive
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pour un homme |
pour une femme |
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| Corps entier |
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| Extrémités |
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| Cristallin |
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Pour la femme enceinte, l'exposition abdominale et par extension
du corps entier doit être inférieure à 10 mSv.
Exposition interne exclusive, pour chaque radioélément est déterminée
une Limite Annuelle d'Incorporation. (L'incorporation doit être nulle
pour les femmes allaitantes).
Expositions associées externes et internes : il existe également
des limites annuelles.
- d'ordre administratif :
- d'ordre technique :
- d'ordre médical :
Les affections provoquées par les rayonnements ionisants sont indemnisées au titre du tableau 6 du RG et 20 du RA. En 1990, sur 49 décès pour maladies professionnelles, 6 étaient imputables aux rayonnements ionisants :