Le mot travail vient de "entrave" par extension
du sens du terme des instruments qui servent à contenir les animaux
domestiques. En physique, le travail est l'application des forces et produit
la fatigue. Le travail, c'est la peine que l'on se donne pour faire quelque
chose. Au cours des siècles, le travail a été progressivement
érigé en vertu, étroitement associée à
la morale individuelle et sociale.
Avec la première révolution industrielle du début du
19ème siècle, le travail est le seul moyen de s'intégrer
dans la société, c'est un facteur d'équilibre mental
et social. Le travail demeure pénible et astreignant. Le travail est
synonyme de peine mais aussi de danger, d'usure prématurée de
l'organisme. Il y a donc mise en place de mesures élémentaires
d'hygiène sur les lieux de travail.
Bernardino Ramazzini (1633-1714) fut le précurseur de la pathologie
professionnelle en essayant d'améliorer les conditions de travail et
en se déplaçant sur les lieux de travail. Son ouvrage, encore
réédité, De morbis artificum diatriba, fut publié
à Padoue en 1700, traduit en français, commenté et enrichi
par Fourcroy en 1777. À cette date, la "pathologie professionnelle"
était enseignée dans les facultés de médecine.
En 1775, Percival Pott donne la première description du cancer du scrotum
chez les ramoneurs : c'est la première fois qu'une relation est établie
entre un cancer et une profession.
Louis-René Villermé,(1782-1863), est à l'origine des
premières lois réglementant le temps de travail des enfants
en 1841. (Actuellement il y a encore 200 millions d'enfants au travail).
Les premières ébauches de médecine du travail (en France)
sont l'þuvre des filateurs de Mulhouse avec la mise en place de systèmes
mutualistes venant en aide aux ouvriers blessés : les premières
lois ont été des mesures de réparation et non de prévention.
9 Avril 1898 : première loi sur les accidents du travail
1914-1918 : Naissance d'une médecine préventive dans les usines
surtout celles où il existe un risque saturnin et charbonneux.
25 octobre 1919 : Première loi sur les maladies professionnelles
(Tableau n° 1 concernant le plomb et Tableau n° 2 concernant le mercure)
1930 : Nécessité d'un enseignement spécialisé.
1937 : création des médecins conseils de l'inspection du travail.
11 octobre 1946 : loi relative à l'organisation de la médecine
du travail dont l'article 1er pose :
"Les établissements énumérés à l'article 65 du Livre II du Code du travail, ainsi que les offices ministériels, les établissements relevant des professions libérales, les sociétés civiles, les syndicats professionnels et les associations de quelque nature que ce soit occupant des salariés devront organiser des services médicaux du travail.
Ces services seront assurés par un ou plusieurs médecins qui prennent le nom de "médecins du travail" et dont le rôle exclusivement préventif consiste à éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail, notamment en surveillant les conditions d'hygiène du travail, les risques de contagion et l'état de santé des travailleurs".
La suite de cette loi dessine le cadre d'activité
de cette discipline médicale. La médecine du travail est exclusivement
préventive, elle doit protéger les salariés. Elle est
à la charge et sous la responsabilité des employeurs, elle est
sous le contrôle des salariés. Elle est une obligation de type
administratif. Ce n'est pas un service public, elle relève du droit
privé et n'est pas un organisme de la sécurité sociale.
Tout établissement employant au moins un salarié est soumis
à la médecine du travail. Il y a cependant des omissions.
Il existe des organismes de contrôle et des organismes consultatifs
: Conseil supérieur de la prévention des risques professionnels,
Inspection du travail, Inspection médicale du travail, Commissions
régionales de la Médecine du travail. Comité d'entreprise,
commission de contrôle.
une heure par mois pour :
Ils sont les plus fréquents : ils surveillent
à peu près 90 % de l'ensemble des salariés. Le Code du
Travail leur donne comme objet exclusif la pratique de la Médecine
du Travail, (ce qui, implicitement exclut toute activité de soins hors
les cas d'urgence).
Ce sont des organismes à but non lucratif, ayant une autonomie financière,
dotés de la personnalité civile. Le plus souvent ce sont des
associations selon la loi de 1901. L'administration du service est assurée
par un président bénévole. La surveillance du service
est assurée par une "Commission de contrôle" dans laquelle siègent
pour 1/3 des représentants d'employeurs et pour 2/3 des représentants
des salariés.
Toute création de service (autonome ou interentreprises) est soumise
à une déclaration obligatoire dans les 15 jours à l'inspection
du travail, puis à une demande d'agrément auprès du directeur
régional du travail après avis du médecin inspecteur
régional du travail et de la main-d'þuvre (MIRTMO). Cet agrément
doit être renouvelé tous les 5 ans. Il concerne les équipements,
les locaux, le personnel·
Les dépenses sont réparties proportionnellement au nombre de
salariés surveillés. Les cotisations sont calculées sur
une base forfaitaire par salarié ou en fonction de la masse salariale
totale des entreprises adhérentes. (La cotisation est variable, aux
alentours de 300 à 350 francs par salarié pour les services
inter entreprises)
Il est le conseiller du chef d'entreprise ou de
son représentant, des salariés, des représentants du
personnel, du ou des Comités d'Hygiène, de Sécurité
et des Conditions de Travail (CHSCT), dont il fait partie, et des services
sociaux en ce qui concerne notamment :
4.1.1 L'amélioration des conditions de vie et de travail dans l'entreprise,
ainsi il est consulté sur les projets de construction ou d'aménagement
nouveaux, ou de modifications apportées aux équipements;
4.1.2 L'adaptation des postes, des techniques et des rythmes de travail
à la physiologie humaine. Pour cela, il évalue, selon les
connaissances de l'ergonomie, les contraintes de travail, les astreintes en
résultant et il fait des propositions constructives pour apporter des
solutions ou des améliorations.
L'appréciation des contraintes doit prendre en compte :
- la nature des outils, des produits utilisés, manipulés ou
fabriqués,
- les postures adoptées et les différents gestes des travailleurs,
- les rythmes, cycles et cadences de travail·
- les dépenses énergétiques,
- l'ambiance physique ou chimique,
- les charges psychosensorielles.
4.1.3 La protection des salariés contre l'ensemble des nuisances
notamment contre les risques d'accidents du travail ou d'utilisation de produits
dangereux. C'est la prévention des accidents du travail, des maladies
professionnelles et des maladies à caractère professionnel.
Ainsi le médecin du travail participe aux enquêtes menées
lors des accidents du travail, des maladies professionnelles. Il a un rôle
d'information sur les risques encourus, dans la mise en place des protections
collectives ou individuelles en veillant à ce qu'elles fonctionnent
correctement et qu'elles ne soient pas une contrainte supplémentaire
pour les travailleurs.
4.1.4 L'hygiène générale de l'établissement,
de son service de restauration.
4.1.5 La prévention et l'éducation sanitaire dans le
cadre de l'entreprise en rapport avec l'activité professionnelle, ainsi
il est associé à l'étude de toute nouvelle technique
de production, à la formation à la sécurité et
celle des secouristes.
Le médecin doit établir un plan d'activité annuel en milieu de travail portant sur les risques, les postes et les conditions de travail.
Le but des visites est de répondre aux deux questions suivantes :
Pour certains de ces travaux, la fréquence
des visites et/ou des examens complémentaires à réaliser
est précisée. Pour les autres cas, le médecin du travail
reste seul juge de la fréquence et de la qualité des examens.
Ces visites périodiques ont pour but de s'assurer du maintien de l'aptitude
médicale du salarié au poste qu'il occupe et éventuellement
d'envisager un aménagement de poste ou un changement de poste.
Les salariés doivent bénéficier
d'une visite médicale de reprise qui a pour but d'apprécier
le maintien de leur aptitude à leur poste de travail ou la nécessité
d'une adaptation des conditions de travail ou d'une réadaptation.
Enfin, le médecin du travail doit être informé de tout
arrêt de travail de moins de 8 jours pour accident du travail afin de
pouvoir apprécier, notamment, l'opportunité d'un nouvel examen
médical.
Une visite un peu particulière est la visite de pré-reprise. Elle peut être demandée sur l'initiative du salarié, de son médecin traitant ou du médecin conseil. Elle est très utile quand on craint une reprise difficile voire impossible au poste antérieurement occupé. Elle permet au médecin du travail d'étudier un aménagement de poste ou un changement de poste dans l'entreprise. Demandée au moins quinze jours avant la fin prévisible de l'arrêt de travail, elle laisse le temps de prendre des avis spécialisés et des contacts utiles dans l'entreprise (direction et camarades de travail). Cette procédure devrait être beaucoup plus souvent utilisée par les médecins de ville.