Virus de l'hépatite E

Pr. Colimon

Département de Virologie

CHU de Rennes, 2 rue Henri Le Guilloux, 35033 Rennes Cedex


mis à jour le 12 février 2002


1. Biologie du virus de l'hépatite E

1.1. Classification

1.2. Structure

1.3. Réplication

2. Infections par le virus de l'hépatite E

2.1. Épidémiologie

2.2. Physiopathologie

2.3. Clinique

2.4. Diagnostic virologique

2.5. Traitement

2.6. Prophylaxie et vaccination


 

1. Biologie du virus de l'hépatite E

1.1. Classification

Il appartient au groupe IV : virus à ARN simple brin de polarité positive.

Famille : non déterminée
Genre : Hépatite E like
Espèce type : virus hépatite E (HVE)

1.2. Structure

Sa taille est 32 nm, c'est un virus nu avec une capside de symétrie icosaédrique. C'est un ARN simple brin de 7,5 Kb.

1.3. Réplication

Il a 3 cadres de lecture (cf le virus de la rubéole)
- l'ARN de polarité positive donne une polyprotéine ORFI où il y a une protéase fonctionnelle
- le brin négatif donnera des messagers subgénomiques ORF2 et ORF3 avec les 2 autres cadres de lecture

La réplication est cytoplasmique et se fait selon plusieurs étapes :
- pénétration par phagocytose
- synthèse de la polyprotéine (protéines non structurales)
- synthèse ARN négatif complémentaire du génôme viral
- synthèse des messagers subgénomiques
- synthèse des protéines de structure
- synthèse ARN positif génomique
- assemblage des virions
- libération par lyse

2. Infection par le virus de l'hépatite E

2.1. Epidémiologie

Ce virus n'est répandu que dans certains pays à prévalence variable. La fréquence est forte en Amérique centrale, en Afrique du Nord, en Turquie et en Chine ce qui forme une ceinture subéquatoriale.
En France, en 1996, l'hépatite E représentait 10 % des hépatites. La contamination en France est de l'ordre de 1J % alors qu'en dehors de la France, elle est de 25,3 %.
Ce virus résiste au milieu extérieur et donc persiste dans les eaux usées, les fruits de mer, l'eau de baignade, l'eau d'irrigation...

2.2. Physiopathologie

2.2.1. Mode de contamination

Elle se fait
-par voie orale
-par voie sanguine (non prouvée).

2.2.2. Infection aiguë

La réplication se fait dans la muqueuse oropharyngée et digestive. Il y a une diffusion virémique puis une réplication dans les hépatocytes. Ensuite, on retrouve le même cycle entéro-hépatocytaire que pour le HVA.

2.3. Clinique

Période d'incubation : la moyenne est de 40 jours mais les extrêmes varient entre 15 à 60 jours.

La mortalité globale est de 1 à 3 % et, pour les femmes enceintes, 15 à 25 %.

La sévérité augmente avec l'âge.

Le HVE n'entraîne pas d'infection chronique.

2.4. Diagnostic virologique

2.4.1. Détection du virus ou de ses constituants

- Antigènes, cytologie : non pratiquée
- Isolement : non pratiqué
- Génome : non recherché en pratique courante

2.4.2. Détection des Anticorps

.Détection des Ig M et des IgG par Elisa.

La virémie est beaucoup plus longue qu'avec le HVA. Les symptômes apparaissent à la 5 ou 6ème semaine.
La virémie précède d'environ un mois les symptômes et se poursuit jusqu'à la 10ème semaine d'où la possibilité de transmission par transfusion sanguine si prélèvement avant les symptômes).

HVE va être excrété dans les selles. C'est la présence d 'Ig M anti VHE à la période aiguë qui permet de faire le diagnostic.

2.5. Traitement

- Spécifique : Aucun
- Symptomatique

2.6. Prophylaxie ou Vaccination

Mesures d'hygiène : ne boire que de l'eau minérale dans les pays d'endémie et ne pas utiliser de glaçons.
Pas de vaccin

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